Parcs éoliens en mer du Nord

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Le vent est une source d’énergie inépuisable. La production d’électricité à partir du vent ne génère aucun déchet et n’émet aucun gaz nocif. La construction de parcs éoliens permet donc, d’une part, de diminuer les émissions de CO2 et, d’autre part, de contribuer à l’objectif en matière d’énergie durable ou renouvelable imposé à la Belgique par l’Europe. L’énergie éolienne en mer constitue une source importante d’énergie renouvelable pour la Belgique. Les principaux objectifs européens sont, entre autres, de diminuer de 20 % les émissions de gaz à effet de serre par rapport aux niveaux de 1990 et de produire 20 % de l’énergie à partir de sources durables. Dans ce cadre, la Belgique a pour objectifs nationaux de réduire de 15 % ses émissions de CO2 et d’augmenter à 13 % la part des énergies durables dans la consommation finale d’énergie.

À l’initiative du ministre de la mer du Nord, une zone de 238 km² a été délimitée dans la partie belge de la mer du Nord pour la production d’énergie renouvelable dans le cadre du plan d'aménagement des espaces marins de mars 2014. Aussi appelée « zone éolienne », cette zone couvre environ 7 % de la partie belge de la mer du Nord.

D’ici 2020, entre 409 et 433 éoliennes seront implantées dans cette zone, pour une capacité totale de 2.230 à 2.280 MW. Cela signifie, en principe, que les parcs éoliens couvriront environ 10 % de la capacité électrique belge totale et pourront alimenter en énergie près de la moitié des ménages belges. Si l’on tient compte d’un facteur de capacité de 50 % pour les parcs éoliens et d’une puissance nominale belge de 20.000 MW par an, l’on peut supposer que les parcs éoliens en mer fourniront 5 % de la puissance d’ici 2020, soit un quart de l’énergie que la Belgique doit produire à partir de sources durables conformément aux objectifs européens. En tablant sur l’objectif national de produire 13 % d’énergie durable, l’énergie éolienne en mer est appelée à jouer un rôle majeur.

Législation

Pour pouvoir construire un parc éolien, le projet doit disposer de plusieurs permis, dont une concession domaniale, une autorisation de construction et un permis d’exploitation du parc.

Pour chaque parc éolien, la procédure de demande des autorisations se déroule conformément à la loi visant la protection du milieu marin (loi du 20 janvier 1999 publiée au Moniteur belge le 12 mars 1999) et à deux arrêtés royaux, l’AR VEMA du 7 septembre 2003 (modifié le 26 décembre 2013), établissant la procédure d’octroi des permis et autorisations de l’activité, et l’AR MER du 9 septembre 2003 (modifiée le 26 décembre 2013), fixant les règles relatives à l'évaluation des incidences sur l'environnement.

La procédure décrite ci-dessous de demande de permis de construction et d’exploitation de parc éolien se base sur ces AR.

Le demandeur soumet un rapport sur les incidences environnementales (RIE) au Service scientifique « Unité de Gestion du Modèle Mathématique de la mer du Nord (UGMM) » de la DO Nature. L’UGMM réalise ensuite une évaluation des incidences sur l’environnement (EIE). Dans le cadre de son évaluation, l’UGMM peut, si nécessaire, réaliser ou faire réaliser des études ou enquêtes supplémentaires. Le public est également consulté : une consultation publique est organisée en Belgique pendant une durée de 45 jours et, dans le cas où des incidences transfrontalières seraient possibles, une consultation avec les pays concernés est aussi organisée.

Sur la base de cette EIE et des résultats de la consultation publique, l’UGMM conseille le ministre fédéral compétent pour le milieu marin. Dans son avis, l'UGMM se prononce sur l'admissibilité du projet pour le milieu marin et, le cas échéant, sur les conditions auxquelles le projet doit satisfaire pour être admissible. Le ministre décide alors d’octroyer ou non le permis environnemental. Entre le moment de la demande et la décision finale du ministre, il s’écoule de 6 à 8 mois, selon le degré de complexité du dossier.

En plus de la procédure relative au permis environnemental, il existe une procédure relative à l’octroi d’une concession domaniale pour la zone de projet proposée. Cette demande est introduite auprès de la Direction générale de l’Énergie du Service public fédéral Économie, PME, Classes moyennes et Énergie, qui conseille le ministre de l’Énergie. La concession domaniale est accordée par le ministre fédéral de l’Énergie (arrêté royal du 20 décembre 2000, publié au Moniteur le 30 décembre 2000 et modifié par l’arrêté royal du 28 septembre 2008 publié au Moniteur le 30 octobre 2008) pour la zone de projet proposée. Une concession domaniale peut être octroyée avant le permis environnemental, mais elle n’est valable qu’une fois que le permis est lui aussi accordé.

Enfin, il existe aussi une procédure concernant la pose des câbles nécessaires (arrêté royal du 12 mars 2002 publié au Moniteur belge le 9 mai 2002). Les demandes sont soumises à la Direction générale de l’Énergie du Service public fédéral Économie, PME, Classes moyennes et Énergies, qui conseille le ministre.

Situation actuelle

Depuis début 2016, neuf projets de construction et d’exploitation de parc éoliens et/ou énergétiques ont été autorisés dans la partie belge de la mer du Nord.

De nord au sud de la zone éolienne, nous avons :

  • Mermaid, le parc le plus au nord, qui se trouve au nord-ouest du Bligh Bank;
  • Northwester 2, juste en-dessous de Mermaid;
  • Belwind (phase 1), sur le Bligh Bank;
  • Nobelwind, au nord et au sud de Belwind, sur le Bligh Bank;
  • Seastar, au nord-ouest du Lodewijkbank et au sud-est du Bligh Bank;
  • Northwind, sur le Lodewijkbank;
  • C-Power, sur le Thorntonbank
  • Rentel, entre le Lodewijkbank et le Thorntonbank;
  • Norther, le parc le plus au sud, qui se trouve au sud-est du Thorntonbank.

windfarms map fr

Parcs opérationnels

Sur les neuf parcs éoliens autorisés, trois sont déjà opérationnels, à savoir C-Power, Belwind et Northwind.

En 2008, dans une première phase, C-Power a construit les six premières éoliennes (avec des fondations gravitaires) à 27 kilomètres au large de Zeebruges, sur le banc de sable Thorntonbank, dans la partie belge de la mer du Nord. Chaque éolienne ayant une puissance de 5 MW, une capacité de 30 MW était ainsi fournie. Début 2009, pour la première fois, de l’électricité a été produite à partir d’éoliennes en mer et injectée dans le réseau électrique belge. Dans une deuxième et une troisième phases, 48 éoliennes ont été installées. Lors de ces phases, les éoliennes ont été placées sur des fondations de type « jacket ». Avec une puissance de 6,15 MW par éolienne, une capacité de 295,2 MW était atteinte. Le parc éolien C-Power, constitué de 54 éoliennes, est pleinement opérationnel depuis juillet 2013 et a une capacité totale de 325,2 MW. Il fournit de l’énergie verte à 300 000 ménages.

C-Power a été suivi par Belwind. En septembre 2009, Belwind a entamé la construction de 55  éoliennes à 46 kilomètres au large de Zeebruges, sur le banc de sable du Bligh Bank. Il s’agit du parc éolien le plus éloigné de la côte au monde. Pour les fondations, Belwind a opté pour des monopieux, qui s’enfoncent à 35 m dans les fonds marins. Le parc éolien Belwind est entré en service en décembre 2010. Avec 55  éoliennes d’une puissance de 3 MW chacune et une éolienne test Haliade de 6 MW, développée par Alstom, une capacité de 171 MW est fournie, qui alimente quelque 160 000 ménages belges par an en énergie verte.

Le troisième parc éolien opérationnel, Northwind, se trouve à 38 kilomètres au large de Zeebruges, sur le Lodewijkbank. Ce parc est en activité depuis mai 2014 et compte 72 éoliennes de chacune 3 MW, soit une capacité de 216 MW. Grâce à ce parc éolien, 250 000 ménages belges supplémentaires ont pu être alimentés en énergie verte.

Ces trois pars éoliens permettent actuellement d’alimenter quelque 710 000 ménages belges en énergie verte, provenant de 182 éoliennes en mer, avec une capacité de 712,2 MW. La Belgique se classe ainsi parmi les leaders du secteur.

c-power wind farm

Parcs prévus

D’ici 2020, six parcs supplémentaires seront construits dans la zone dédiée à l’énergie renouvelable de la partie belge de la mer du Nord. Ces six projets éoliens autorisés en sont à différentes phases préalables à la construction.

La SA Norther a reçu un permis environnemental le 18 janvier 2012 (modifié le 19 octobre 2012, le 28 mars 2013 et le 26 août 2014) pour la construction et l’exploitation de son parc éolien offshore au sud-est du Thorntonbank, à 21 kilomètres au large de Zeebruges. Le Northerpark devrait avoir une puissance nominale de 378 MW, grâce à 45 éoliennes de 8,4 MW. Ce parc alimentera 350 000 ménages environ en énergie verte.

La SA Rentel a reçu un permis environnemental le 15 février 2013 (modifié le 3 décembre 2015) pour la construction et l’exploitation de son parc éolien offshore au nord-ouest du Thorntonbank et au sud-est du Lodewijkbank, à 31 km au large des côtes. Avec 42 éoliennes de 7 MW, le parc Rentel aura une puissance nominale de 294 MW et alimentera 280 ménages belges environ en énergie verte.

La THV Mermaid a reçu un permis environnemental le 13 avril 2015 pour la construction et l’exploitation de son parc énergétique offshore situé au nord-ouest du Bligh Bank, à 50 km au large des côtes. Mermaid est le projet éolien autorisé le plus éloigné des côtes. Avec 27 à 41  éoliennes, le parc Mermaid aura une puissance nominale de 232 à 266 MW. Ce parc alimentera entre 250 000 et 290 000 ménages belges en énergie verte. La TVH Mermaid a aussi reçu un permis environnemental pour la construction et l’exploitation d’un projet pilote de convecteurs d'énergie houlomoteurs d’une puissance nominale de 5 MW maximum. Une zone expérimentale est autorisée, dans laquelle un ou plusieurs convecteurs seront installés entre les éoliennes.

La SA Northwester a reçu un permis environnemental le 18 décembre 2015 pour la construction et l’exploitation d’un parc éolien offshore à environ 51 kilomètres au large des côtes et au nord-ouest du Bligh Bank. 22 à 32  éoliennes sont prévues dans le parc Northwester, pour une puissance nominale de 217 à 227 MW. Ce parc alimentera de 240 000 à 250 000 ménages belges en énergie verte.

Le 7 octobre 2015, le permis environnemental pour la construction et l’exploitation d’un parc éolien offshore de Belwind SA a été partiellement cédé à Nobelwind SA et les modalités du transfert ont été fixées. Nobelwind a ainsi obtenu un permis environnemental pour la construction et l’exploitation d’un parc éolien offshore à environ 47 kilomètres au large des côtes, sur le Bligh Bank. Ce parc comptera 50 éoliennes de 3,3 MW, soit une capacité totale de 165 MW. Il alimentera quelque 160 000 ménages belges en énergie verte.

La SA Seastar a reçu un permis environnemental le 7 février 2014 pour la construction et l’exploitation d’un parc éolien offshore au nord-ouest du Lodewijkbank et au sud-est du Bligh Bank, à 41 kilomètres au large des côtes. Le parc éolien Seastar devrait compter 41  éoliennes, pour une puissance nominale de 246 MW. Le parc alimentera ainsi quelque 270 000 ménages belges en énergie verte.

En résumé, une fois que tous les parcs seront opérationnels, la partie belge de la mer du Nord comptera entre 409 et 433 éoliennes. Si l’on tient compte des 182  éoliennes déjà en service, cela signifie, en pratique, que la quantité d’électricité qui sera produite par les parcs éoliens en mer triplera d’ici à 2020 et qu’entre 2 220 000 et 2 300 000 ménages belges consommeront de l’« énergie verte de la mer du Nord ».

Monitoring

Les conséquences de l’installation des éoliennes sur l’écosystème marin doivent être surveillées. A cette fin, DO Nature exécute le programme de monitoring inscrit dans les permis environnementaux pour évaluer les effets (positifs et négatifs) des éoliennes en mer.

Ce programme de monitoring est exécuté en collaboration avec INBO, ILVO, la Section Biologie marine de l’Université de Gand, INTEC. Les résultats sont disponibles (2009, 2010, 2011, 2012, 2016, 2017, 2018). Aussi le rapport intégré sur l’impact des parcs à éoliennes au large est disponible (2013).

La société Grontmij Vlaanderen a conduit une étude sociologique dans le cadre du programme de monitoring des parcs à éoliennes en mer.

belwind wind farm

wind farm from rib